Aujourd’hui, nous rendons grâce pour la vie d’Ernestine ROUAULT, notre maman.
Maman est née le 26 mars 1932 à Saint-Coulomb, au village de Tannée.
Troisième enfant de la fratrie, après Pierre-Marie et Marie, elle grandit dans une famille simple et unie.
Élève brillante, elle quitte pourtant l’école après la cinquième pour apprendre le métier de couturière, un métier de patience et de précision, déjà à son image.
Elle rencontre Alphonse Denis lors du mariage de son frère Pierre-Marie. Ils se marient en novembre 1953, au retour de Papa d’Indochine.
Très vite, la vie militaire impose ses départs et ses absences. Maman rejoint Papa à Bagnols-en-Forêt, dans le Var, période durant laquelle elle reviendra, dans la maison de ses parents à Saint-Coulomb, donner naissance à ses deux premiers enfants, Patrick, le 16 août 1954, puis Annick, le 11 octobre 1955.
À 24 ans à peine, début 1956, elle part seule avec ses deux jeunes enfants, prenant d’abord le train de Saint-Malo à Marseille, puis traversant la mer pendant trois semaines pour rejoindre son mari à Madagascar, où ils resteront deux ans et demi et où elle donne naissance à son troisième enfant, Didier, le 3 février 1957.
Ce courage silencieux et cette détermination tranquille marqueront toute sa vie.
Puis la famille voyage encore : la région parisienne à Chatou, puis le Sénégal, de l’été 1961 à l’été 1964, où elle découvre un confort qu’elle n’avait jamais connu auparavant.
Elle racontait avec amusement qu’elle y avait passé son permis de conduire, et que là-bas, elle avait un réfrigérateur et une salle de bain avec douche avant même d’en avoir en Bretagne.
De retour en France, la famille s’installe quelques mois dans la maison des grands-parents maternels à Saint-Coulomb avant de rejoindre la Normandie, à Pont-l’Évêque, dans le Calvados, où Papa et Maman tiennent une station-service de 1965 à 1980.
Ce furent des années heureuses, animées, pleines de cousins, de rires et de rencontres.
Le 11 décembre 1972, Emmanuelle vient compléter la fratrie.
Puis Maman et Papa souhaitent retrouver leurs racines et construisent leur maison à Tannée, à Saint-Coulomb, près des parents de Maman et non loin de ses frères et sœurs.
À partir de là, Maman se consacre encore davantage aux autres.
Profondément croyante, elle s’investit dans l’Église sans jamais imposer ses convictions.
Elle enseigne le catéchisme aux plus jeunes, accompagne les plus grands dans le mouvement eucharistique des jeunes, prépare les messes, soutient les familles en deuil, assure le ménage de l’église, chante à la chorale et porte la communion aux malades.
Elle servait Dieu, simplement, comme elle aimait le dire.
Mais son engagement ne s’arrête pas là : elle se mobilise pour les plus fragiles au sein de la Croix d’Or afin d’aider les personnes touchées par l’alcoolisme à s’en sortir.
Malgré tout cela, elle accueille aussi sa propre maman à la maison pendant plusieurs années pour la soigner jusqu’à son décès en 1989.
Sa grande joie était la famille.
En 1979, elle devient grand-mère pour la première fois avec Étienne.
Puis les autres petits-enfants arrivent : Solen, Benoît, Guénolé, Raphaëlle.
Et plus tard, cinq arrière-petits-enfants : Marius, Maëlle, Angèle, Laouen et Malaés.
Il n’y avait pas pour elle de plus grand bonheur que de les voir tous réunis autour d’elle.
Elle était également heureuse de retrouver son frère et sa sœur, avec lesquels elle est toujours restée très proche, lors des cousinades annuelles — ces grandes réunions où chacun trouvait sa place.
En mai 2008, Papa nous quitte.
Fidèle à elle-même, Maman reste pudique dans la peine, forte dans la solitude.
La maladie l’atteint ensuite progressivement (Parkinson tout d’abord, puis la DMLA, qui la rend peu à peu aveugle) mais jamais elle ne perd cette douceur et cette écoute qui la caractérisent.
En septembre 2023, la maladie ayant beaucoup évolué, elle décide de quitter sa maison pour rejoindre l’EHPAD du Plessis Pont-Pinel, où elle sera très bien entourée durant deux ans et demi.
Son dernier grand chagrin fut le départ de son fils Didier le 4 octobre 2025.
Ce que nous retenons d’elle, ce que beaucoup d’entre vous retiendront aussi, c’est sa bienveillance.
Son écoute sans jugement.
Sa discrétion absolue.
On pouvait tout lui confier : jamais elle ne répétait, jamais elle ne condamnait.
Elle croyait profondément.
Elle donnait sans compter.
Elle avançait humblement.
Elle aimait sans bruit.
Nous la confions aujourd’hui au Seigneur qu’elle a tant servi, avec confiance et espérance.
Il restera en chacun de nous quelque chose d’elle.
Et pour cela, Maman, nous te disons merci.